30 juillet 2016

Avez-vous peur des quotas ?

Hier soir, avant de rejoindre Morphée, j'ai lu cet article : Guide à l’usage des auteurs qui écrivent des livres sexistes (mais qui font pas exprès). Le propos est simple et très pratique : par exemple, effectivement, on peut déjà commencer par mettre moitié de femmes dans nos figurant.es.
Et la conclusion reste pleine de bon sens : "Je sais aussi que ce n’est pas facile de déconstruire ce que la société nous a martelé depuis notre enfance, mais s’il vous plait, essayez à défaut de réussir."

Je réalise au matin que je veux revenir sur ce point.
Oui, la société nous a construits sexistes, tou.tes autant que nous sommes, car nous sommes des animaux éduqués. Mais nous sommes aussi extraordinairement plastiques et nous pouvons nous reprogrammer.
Spontanément, peut-être allons-nous avoir tendance à garder des hommes forts et braves, des femmes douces et... ('fin, là, pour le coup, je ne me sens pas du tout incluse dans ce "nous" générique, je l'avoue), mais on peut... s'imposer des quotas, tout simplement.

Ça vous semble ridicule ?
Dans la réalité, le gros argument "anti-quota" est qu'on doit choisir une personne en fonction de ses compétences et non de son genre. Ça se défend, même si, personnellement, je pense que, à un niveau macro, imposer des quotas fait bouger les lignes.
Mais, en fiction, l'argument ne tient plus : les compétences de nos personnages ne sont déterminées que par nous-mêmes. Si le personnage doit être... un brillant scientifique ? il n'appartient qu'à nous qu'il soit brillante.

Votre dernière histoire racontait l'idylle entre un homme et une femme ?
Faites que la prochaine soit entre deux hommes ou deux femmes.
Ça ne serait pas la même histoire ?
En réalité, si, complètement si. Peu importe le genre de ceux qui se roulent une pelle, se déchirent, se disputent ou se déclarent "je t'aime" avec des yeux qui brillent. Les péripéties sont les mêmes.
Sauf univers particuliers du passé ou de fantasy.

Et les gens de couleur ?
Je reprends le propos de l'article cité plus haut : moins vous décrivez une femme de manière stéréotypée, plus vous échappez au sexisme.
J'ajouterai que, si elle est "agréable à regarder" plutôt que pourvue "de jambes interminables", vous laissez au lecteur le choix de ce qui est agréable et peut-être que, pour lui, la dame est joliment ronde.
Mais cela s'applique également aux couleurs de peau : à moins d'être "blond comme les blés" et la peau "plus pâle qu'un vampire", il est rare de préciser l'ethnie.

Imposez-vous des quotas. Si cela ne vous semble pas évident au démarrage, voyez-le comme une obligation de vous renouveler.

Pour ma part, je l'avoue, j'ai tendance à privilégier la présence de femmes dans mes textes, discrimination positive que j'assume puisque la fiction est majoritairement masculinisée.
Et je ferai une seule exception au comptage des persos : quand on raconte une histoire très proche de ce que l'on a vécu. Là, par plaisir et nostalgie, on peut garder les vrais protagonistes... si l'on ne fait pas ça en permanence :P

(Ce billet a été écrit sans smilies, histoire de... et qu'est-ce qu'on a le réflexe d'en mettre !)

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