22 août 2020

It's OK to not be OK

Diffusée depuis dimanche sur Netflix, j'ai fini cette série hier soir, à croire qu'ils avaient guetté ma reprise au taf pour que je ne puisse pas la regarder d'un seul coup pendant les congés !
16 épisodes de 70/80 minutes chacun.
Réalisateur : Park Shin-woo (vu et aimé : Jealousy Incarnate et Hyde Jekyll, Me)
Pour les rôles principaux : Elle1 incarnée par Seo Ye-ji et Lui1 sous les traits de Kim Soo-hyun (Mon amour venu des étoiles).

Sur la réalisation, je n'ai tout simplement rien à dire de pertinent : c'est bien fait. Tout est impeccable, les acteurices jouent bien, le rythme est bon.

Alors que, quelques semaines plus tôt, j'avais fait une pause en regardant Mystic Pop-up Bar, que j'ai beaucoup aimé, mais qui a une petite faiblesse, là, j'aurais pu facilement tout regarder d'un trait si je n'avais pas dû partir au travail.
On devine qui est la Méchante bien à l'avance, mais ça ne pose pas de souci particulier car le mystère n'est pas l'élément principal.

Lui1, devenu aide-soignant, est le cadet de Lui2, autiste, et, depuis tout petit, leur mère lui répète qu'il doit veiller et protéger son frère. Elle1 est écrivaine de contes de fées, riche et célèbre, mais très seule/avec un trouble de la personnalité.
Lui1 est embauché dans l'hôpital psychiatrique (nom : OK) où le père d'Elle1 est hospitalisé.
Le thème des contes de fées va servir de fil conducteur
dans les titres/propos de chaque épisode : au choix une histoire célèbre ou l'un des livres d'Elle 1 ;
dans les "morales" mises en avant : la Belle et la Bête n'est plus l'histoire d'une fille qui a regardé un garçon au delà des apparences, mais une victime du syndrome de Stockholm qui pense à tort qu'elle peut changer un homme violent (l'une des patientes était victime d'un mari abusif).
Comme souvent dans les dramas coréens, la relation des héros va trouver ses racines dans leur enfance où ils se sont croisés/aimées. C'est un élément récurrent, mais je trouve qu'il fait souvent sens : pourquoi nous attachons-nous à des gens en particulier ?
La part de mystère est apportée par l'assassinat de la mère des deux frères alors qu'ils étaient enfant/ado.

L'histoire est très riche, il y a beaucoup de choses à en dire, mais j'aurais envie de résumer : regardez, ça vaut vraiment la peine !
Dans les éléments que j'ai juste envie de mettre en avant dans ce billet, je citerais :
Lui2 (Oh Jung-se) n'est pas le Rain Man hospitalisé. Il a mis des procédures en place pour vivre normalement. Au début, il est viré d'un lycée professionnel où il n'a pas sa place car on le fait travailler sur des machines-outils bruyantes, mais Elle1 l'embauche comme illustrateur (là où est sa place).
Ni Lui2, ni Elle1, ni aucun des patient.es de l'hôpital OK ne sont montrées comme des "malades mentaux". Ce sont des humains qui ont souffert (l'un d'eux a été soldat pendant la guerre du Vietnam, une autre a été battue par sa mère...) et ils ont besoin de soins, de bienveillance, de compréhension.
Tout au long de la série, il y a un discours pour l'inclusion, contre la violence (surtout celle des parents d'ailleurs, l'histoire est à charge contre les violences familiales), mais également pour la compréhension et le partage, nos héros sans famille étant "adoptés" par leurs amis.

Globalement, il y a peu d'éléments comiques, c'est un feel good où l'on pleure facilement, mais on sourit devant les disputes d'Elle1 et Lui2 qui deviennent meilleurs amis et même ce point est positif : si Elle1 peut se disputer sans barrière avec Lui2, c'est qu'elle voit un ami avant de voir un autiste.

Bref, c'est beau à l'extérieur (images, jeu des acteurices...) et beau à l'intérieur (messages, sens de la narration...).

14 août 2020

Je suis fascinée par...

Je débute aujourd'hui ce billet qui, par sa nature même, sera amené à être édité/enrichi au fil du temps si je ne l'oublie pas ;)

Donc, disais-je, je suis fascinée par

  • les gens qui aiment manger leur glace fondue (poke FrèreDeCoeur) : pourquoi ne commandent-iels pas des milkshakes ?
  • l'usage de Twitter.
    Quand la conversation vient sur le tapis, chacun.e va arguer que nous sommes habitué.es à un réseau et que nous lui trouverons plus d'avantages que les autres.
    Alors...
    Actuellement, j'ai un compte sur chaque réseau par "nécessité" (i.e. la veille liée notamment à mon travail pour Nice Fictions). Je ne comprends pas Instagram (si tu n'es pas photographe, dessinateurice ou influenceur.se mode). Du tout. Il faut une image pour la moindre com', l'interface est amoindrie sur l'ordi ce qui ne permet pas d'écrire tranquillou, etc.
    Facebook et Linkedin sont différents, mais ils permettent tous deux de tout aussi bien partager un lien, un argumentaire un peu développé, une image...
    Mais Twitter ? Les gens s'engueulent entre inconnu.es et... comme il est impossible d'y écrire un long texte, iels mettent en place toute une stratégie en coupant et numérotant leurs discours. Pourquoi ?
    Pourquoi ne s'expriment-iels pas sur un support qui leur permette d'écrire plus longuement et... d'éditer ? Parce que Twitter est le seul réseau où, quand tu vois une énorme coquille après avoir posté, ben... tu ne peux que supprimer pour recommencer...
  • les cahiers de vacances pour les mômes.
    Les congés, c'est parce que tu as bossé toute l'année et que tu te dis que tu as bien gagné le droit à ne rien faire du tout ou à ne faire que des choses qui te plaisent (cramer au soleil sur la plage, faire croire que tu sais cuire la viande au barbecue, poser sur des selfies dont tu auras honte plus tard...).
    Alors pourquoi, si tu penses que tu dois farnienter en toute quiétude, achètes-tu des cahiers de vacances à tes mômes ?
  • les gens qui te demandent : "Ça va ?"
    Tu veux vraiment que je te réponde ?
  • les gens qui commentent absolument tout ce qui ne les concerne pas sur les réseaux sociaux.
    Il y a des sujets politiques, écologiques, sociologiques... sur lesquels on a tou.tes quelque chose à dire, mais, quand Netflix poste un statut pour indiquer à quel moment on voit les fesses de Lucifer dans la nouvelle saison qui vient de sortir, c'est du fan service. Ça ne fait de mal à personne, ça fait plaisir à ceux/celles qui suivent. 20 minutes après le post, plus de 2.000 commentaires, dont certain.es pour expliquer qu'iels n'aiment pas la série ; d'ailleurs, la preuve, iels ne l'ont pas vue. (22/8/20)

25 juillet 2020

Et si, ce soir, vous changiez un ou deux persos ?

L'art n'est pas sacré. Il est vivant. Biologique.
Il y a quatre ans, j'écrivais un billet sur ce blog : Avez-vous peur des quotas ?
Je le relis aujourd'hui et mon opinion n'a pas changé. Le plus simple, au moins pour se lancer, ce sont les quotas.
Depuis ce billet/l'été 2016, je n'ai quasi plus écrit et, au moment même où je rédige ce mot, je n'en mène pas large, en attente d'une injection de fer... Ces quatre années écoulées ont été difficiles, pour plein de raisons, et je n'ai donc plus écrit. J'ai aussi peu lu, peu joué...
Je pourrais me lamenter en mode "ma Muse a fui, je ne suis plus une écrivaine", mais je n'ai pas de penchant pour l'auto-flagellation. La vérité, c'est que l'inspiration, c'est comme le désir sexuel : il y a des périodes fastes et des périodes creuses. Quand vous ne bandez plus pour un amoureux parce que vous êtes accablée de souci, vous ne vous dites pas "je ne l'aime plus". Vous attendez que ça passe/de meilleurs moments.
Alors, même si je n'ai quasi plus écrit, j'ai continué à penser/cogiter... à ce que je voulais raconter, comment...
Si mettre plus de femmes ou plus de personnes LGBT+ dans mes textes me semble un exercice facile (pour moi, mais, si si, je t'assure, tu peux le faire aussi !), je continuais à m'interroger sur la diversité ethnique. Et je suis encore partagée.
Je décris peu physiquement mes personnages et cela me convient : c'est à la fois "ce qui me vient", mais c'est ce qui permet également à chaque lecteurice de s'identifier sans se poser de questions. En même temps, si le personnage est soi, il n'est pas un Autre...
Bref, à ce stade de ma réflexion (i.e. expérience personnelle ni statistique ni représentative), j'ai décidé de faire varier les prénoms, de regarder à travers le monde ceux qui me plaisent et d'y piocher allègrement.
-- Ouais, mais, tu vois, quand j'écris mon texte, l'héroïne s'appelle Claire et je la visualise parce que, quand j'étais petit, j'étais très épris d'une Claire et, si je change son prénom, ce ne sera pas elle et je ne pourrais pas mener à bien mon Oeuvre.
-- Alors, mon chéri, tu sais, c'est tout simple : tu écris ton texte, en rêvant à la Claire de ton enfance, et, quand tu as fini, que tu as utilisé toute ta nostalgie dans tes dialogues, ben... Claire et toi, vous devenez Giulio et Medhi. Ils se sont rencontrés sur les bancs de l'école, perdus de vue et...
-- Ah, ben, non, c'est carrément pas la même histoire !!!
-- En quoi ?
J'ai écrit la Princesse et le Roturier pour les 30 ans d'un gars dont j'étais amoureuse. Il était né en novembre et la nouvelle se déroulait un jour où la nuit tombe rapidement. Pour le projet de recueil Nice Parallèles où je souhaitais placer dans mon texte un chapeau qui s'envole, je me suis relue et j'ai systématiquement changé l'hiver en été. Ça peut être des soirées qui s'étirent, une héroïne en short plutôt qu’emmitouflée dans une douce écharpe... L'art n'est pas sacré. C'est le résultat du travail d'un humain qui, suivant les moments de sa vie, peut changer d'idées, d'envies, de discours.
Prétendre que l'art est sacré ou immuable, comme si une production humaine pouvait être plus précieuse que des vies, des sentiments... c'est alimenter l'idée qu'on a le droit d'être de vieux cons ou que les traditions sont forcément bonnes.
Nous changeons, nous devons changer, nous adapter. Déjà pour survivre. Mais également pour être heureux quand nos certitudes s'effondrent et que nos petits prés carrés doivent être partagés.
Alors, dans une période où la muse boit des mojitos sur une plage à l'autre bout du monde pendant qu'on est confiné à se lamenter sur sa faible production, on peut par exemple se dire : tiens, je vais reprendre ce texte et changer un ou deux persos, la saison, le lieu...
Ça vous semble dingue ?
Quand un.e illusteurice décline un même personnage en changeant ses habits, son chapeau... vous pensez qu'iel est dingue ou que c'est un processus naturel ? Ça ne vous choque pas d'acheter la version avec le chapeau de sorcier tandis que votre copine prend la version avec une casquette ;)
Bref... et si, ce soir, vous changiez juste quelques personnages, sans toucher à l'intrigue ni rien ?

07 mai 2020

Je n'ai pas de héros

Le héros est le personnage principal d'une oeuvre.

Hier, j'ai fini de regarder Radiant Office, un drama coréen. Par habitude, j'en ai dit quelque mot sur le réseau social et puis... ça a commencé à tourner dans ma tête, en mode "tu ne fermeras pas les yeux de la nuit" (ce qui est techniquement faux, Morphée est clairement mon meilleur pote) : tous les personnages principaux sont-ils des héros ?
Il me semble qu'on pourrait voir le héros sous deux angles :
1/ un personnage qui, parti dans de mauvaises conditions, s'en sort super bien
2/ un personnage déjà badass au départ, fort, intègre, toussa...
1 ou 2, nous allons vibrer pour lui. Nous identifier ?

Radiant Office
C'est une série sympa (mais absolument pas comique malgré ce qu'indique Netflix), avec des choses mignonnes, quelques failles... mais ce qui m'intéresse dans ce billet :
Elle, Lui2 et Lui4 sont trois jeunes qui peinent à trouver du travail malgré les diplômes. Un soir où la coupe est pleine (et où Lui2 vient de se faire larguer), ils tentent de se suicider et se rencontrent à l'hôpital d'où ils s'enfuient ensemble car ils n'ont pas les moyens de payer la note.
Avant qu'ils ne s'enfuient, ils ont entendu Lui3 aka le Méchant dire que l'un d'eux est atteint d'une maladie incurable.
Elle est l'héroïne de l'histoire, sans doute possible. Elle est intègre, pleine de principes, courageuse...

Jusqu'à hier soir, avant de me coucher, j'ai toujours considéré que le héros était le gars dont l'héroïne était amoureuse.
Donc, dans ce drama, ce serait Lui1 dont Elle s'éprend.
L'une des qualités de cette série est qu'elle comporte plusieurs persos principaux : Elle et Lui1, bien sûr, mais également Lui2 et Lui3...
Lui2, qui n'est pas l'amoureux de l'héroïne, prend beaucoup de place, on suit sa propre histoire d'amour...
Est-ce le héros ?

12 avril 2020

Extraordinary You


Fin novembre, j'ai avalé d'une traite W: Two World Apart que j'ai adoré.
J'avais repéré Extraordinary You dans le même genre de thématique (les personnages sont ceux d'un univers fictif/d'une bande dessinée), mais je viens seulement de l'attaquer... et de la finir.
Elle, lycéenne riche, belle, intelligente, adorée de son père, mais atteinte d'une grave maladie, découvre... qu'elle n'est qu'un personnage secondaire dans une (mauvaise) bande dessinée, bourrée de clichés, de répliques réutilisées à l'infini... et, puisqu'elle doit probablement bientôt mourir d'une maladie cardiaque, elle décide que le temps qui lui reste ne peut pas être gâché à poursuivre un amour à sens unique qu'elle n'éprouve même pas.
Lui n'est même pas un personnage secondaire, c'est à peine un figurant sans nom et, parce qu'il est peu important, il échappe à l'attention de l'auteur et peut changer les évènements.
Seul le thème général est proche de W. Ici, il n'y a pas d'action (pas de meurtres, pas de courses-poursuites), on est dans la romance. Mais une drôle de romance puisque l'auteur force les personnages dans des relations qu'ils n'ont pas choisies. Pas non plus de passage entre monde fictif et monde réel : les héros affrontent un auteur qui leur veut du mal et qu'on ne voit pas, dont on sait seulement qu'il est assez médiocre, réutilisant clichés, répliques et personnages pour un tout sans intérêt. Donc pas vraiment de Grand Méchant ou alors le Grand Méchant ultime puisque c'est le dieu de ce monde...
L'ambiance est vraiment réussie : les décors sont "juste ce qu'il faut" de factice, avec un petit côté "scène de théâtre".
Même si ma lecture en est loin (et donc très floue dans ma mémoire), j'ai beaucoup penser à Jasper Fforde/Thursday Next. Les personnages alternent vie sur scène où ils sont contraints dans leurs gestes et paroles, mais pas dans leurs pensées, et vie dans l'ombre/en coulisses où seuls les "conscients" se souviennent de ce qu'ils vivent.
Bref... à consommer de toute urgence si ce n'est pas déjà fait :)

22 mars 2020

Le Lecteur

Une nouvelle d'Hélène Marchetto
14.000 signes


(panneau de gauche)


Depuis quand est-il là ? Et comment est-il entré, s’il est jamais entré ? Peut-être un jour par aventure a-t-il poussé la porte d’une superbe tour, ou d’un vaste mas ensoleillé ou d’une vague cabane au fond d’un jardin… Il est là, simplement, dans un vaste fauteuil, au centre d’une vaste salle aux murs couverts de livres. Par les hautes fenêtres étroites entre un jour clair et d’improbables ouvertures donnent sur d’autres salles emplies de livres, ou des escaliers courant vers d’autres salles et d’autres livres encore. Alors, peut-être n’est-il jamais entré ou n’a-t-il jamais voulu sortir ?
Dans ce fauteuil profond, auprès de cette table patinée, près de cette haute lampe qu’il allumera à l’approche du soir, est-il seulement conscient d’être heureux ? Heureux comme nul ne saurait jamais l’être. Parfois, une ombre de chagrin l’effleure pourtant : pourra-t-il jamais lire tous ces livres ? Il serait affreux de ne le pouvoir et il y en a tant ! À l’infini peut-être. Mais cette crainte demeure fugitive car il sait, de façon très confuse, que sa vie ne saurait s’éteindre qu’il ne les ait lus.

Parfois, il interrompt sa lecture, laisse errer son regard vers une riante campagne qu’on entrevoit au loin et ses pensées dériver vers des souvenirs. Des souvenirs qu’il a peut-être vécus s’il ne les a lus. Mais, toujours, il revient à ses livres. Certains alignent soigneusement leurs reliures nervurées dorées au fer, d’autres se poussent ou s’écrasent, parfois gonflés de feuillets de notes intercalaires qui dépassent un peu, d’autres même sont posés à plat, empilés avec une petite touche désordonnée qui leur donne ce charme si particulier.

Il s’est parfois tancé de cette exclusive passion et s’est décidé à sortir… le fameux esprit sain dans un corps sain. En a-t-il lu des livres pour l’affirmer ! Ces fois-là, il s’est levé, presque désorienté, avant de se diriger vers la porte. Celle de droite ? Celle de gauche ? Oui, celle-ci. Il a longé un couloir jusqu’à la toute dernière porte. La porte de sortie. Brune, d’un brun chaud et profond. Luisante, comme cirée et polie par des générations et des générations de ménagères appliquées. La porte de sortie vers le monde lumineux qu’assurent ses souvenirs. Il a tendu la main vers la poignée, soudain poussé par un murmure tout à la fois encourageant et un rien moqueur. Comme si tous ces livres le mettaient là au défi de sortir. Il fait si beau dehors, susurrait l’un. Te souviens-tu ? C’est comme ce passage, tu sais, où l’on évoque le velours de la brise qui vous effleure ou la caresse d’un tendre soleil de printemps… Va, disait l’autre, tu entendras ces oiseaux au chant mélodieux que tant de voyageurs ont contés. Et si t’attendait une tendre amie pour partager tes rêves, insistait un autre, ou t’emporter dans une passion brûlante et des aventures étranges, taquinait un autre encore.

Et, là, sur le seuil, voilà qu’il hésitait, qu’il se souvenait des émotions ressenties dans ces lieux mêmes qu’il allait quitter, à lire ces mots précieux qu’il entendait bruisser et, non, non, il ne pouvait pas. Avait-il peur ? Ou savait-il que la vie, qu’aucune vie, ne saurait être à la hauteur de ses rêves ? Alors, il revenait sur ses pas. Dans la première pièce, ou dans une suivante et, parfois, il avait l’impression que la bibliothèque tout entière le regardait d’un petit air railleur qui le mettait en rage.
Oui, parfois, il avait attrapé ces bouquins insolents et les avait jetés à travers la pièce à toute volée pour les voir s’écraser, misérables, déchirés, avec leurs dosserets effilochés et leurs mots pitoyables. Oui, c’était arrivé et, avant même d’en avoir honte, il avait pleuré, ramassant chaque page avec des gestes délicats, les lissant du plat de la main et les rangeant avec amour et pitié.
Des crises dont il sortait épuisé, vaincu, et qui se rallumaient parfois dans l’instant lorsque, prenant alors un livre pour retrouver un semblant de calme, il s’ouvrait, au hasard… sur une page moqueuse détaillant les ravages de la passion, les esclavages consentis, voire l’irrésolution de la nature humaine.

14 mars 2020

Pandemics'Tales

Parce qu'il était casanier et que sa femme voulait qu'ils sortent un peu, il demanda au Génie :
– Je fais le souhait de pouvoir passer tout mon temps à la maison avec des séries en streaming et des jeux vidéo à gogo !
Ce soir-là, quand il la rejoignit au lit, il remarqua qu'elle faisait une drôle de tête :
– Tu sais, tu pouvais juste me dire que tu n'avais pas envie, t'étais pas obligé de gâcher aussi la vie des voisins.

It's OK to not be OK

Diffusée depuis dimanche sur Netflix, j'ai fini cette série hier soir, à croire qu'ils avaient guetté ma reprise au taf pour que je ...